Particularités de la robe du Shetland

Particularités de la robe du Shetland

EXTRAIT de la revue du SCF, tous droits réservés....

Le Blanc envahissant

Quelques rappels préalables sur la pigmentation chez le chien.
Toutes les couleurs de robes sont dues au mélange complexe, décidé par les gènes, de seulement deux pigments: le Noir et le Marron. Le BLANC, lui, est le résultat d'une absence de pigment, remplacé par de l'air.
On retrouve le même phénomène dans les flocons de neige, la lumière et la vision humaine font que ce manque nous apparaît comme BLANC.
On peut donc, en matière de blanc envahissant, parler de DEPIGMENTATION. Quand elle s'exprime sur les muqueuses (paupières, truffe) elle est appelée LADRE. Ce défaut est un de nos points de non confirmation.

Les pigments, quand ils sont présents, colorent mais servent aussi de transmetteurs nerveux et leur absence est souvent le signe que le système nerveux, dans la zone apparaissant blanche, risque d'être incomplètement terminé. (Phénomène observé chez les chiots rendus anormaux -sourd, aveugle- par le gène merle à l'état HOMOZYGOTE).
Ces observations, certes plus empiriques que scientifiques, ont rendu prudent les premiers éleveurs, donc les rédac¬teurs des premiers standards.

Deux constantes s'imposaient lors des accouplements :

1) Les individus fortement marqués de BLANC à la tête étaient plus touchés par des anomalies auditives ou visuelles, voire moins réceptifs que les colorés. On peut sans risque supposer que pour nos premiers éleveurs, par manque de recul, l'amalgame avec des problèmes du même type mais dus au gène merle à l'état homozygote était fréquent.

Souvenons nous que TEENA, petite femelle COLLEY croisée, dans les années 1920 pour obtenir nos premiers SHELTIES au look COLLEY, était FAUVE issue de MERLE, donc peut être elle-même fauve merle. Aucun mariage, à l'époque n'étant soupçonné "à risque", comme le mariage merle/fauve l'est aujourd'hui, tout était permis, mais les risques allaient avec...

2) Les marques de BLANC vont toujours vers l'envahissement plutôt que vers la régression.
La décision de prudence fut donc de LIMITER cette PANACHURE à un maximum acceptable, limitant ainsi sa proli¬fération et l'apparition des problèmes liés non désirés.

Ces observations n'étaient pas dénuées de bon sens puisque les connaissances génétiques actuelles ne les contredisent pas.
Par contre, nous savons aujourd'hui qu'il faut dissocier les problèmes liés au gène merle homozygote de ceux, nettement moins graves, puisque souvent purement esthétiques, dus au blanc envahissant.

LA PANACHURE : SUJET DE CONTROVERSE

La panachure du SHETLAND a toujours été un sujet passionnel de controverse pour les mordus de la race et le Dr Pierre SOURCEAU, un des pionniers de notre SHETLAND CLUB, très au fait de la question car ayant fait une thèse sur la robe de nos COLLEY et SHETLAND, écrivait à la fin des années 1970 :
"Les marques blanches : sujet actuel et brûlant, surtout en Grande-Bretagne, à propos duquel les éleveurs s'affrontent... Certains ne veulent plus voir de liste (marque blanche sur le museau ou le crâne), les plus extrémistes aimeraient voir diminuer les balzanes (taches sur les pattes) et le collier. Leurs adversaires expriment leur regret de voir de moins en moins de colliers faisant le tour complet du cou, de ne plus voir de fines lignes blanches sur le crâne des sables, en particulier. Le juste milieu atteint aujourd'hui est à respecter car les premiers éleveurs vous diront les difficultés énormes qu'ils ont rencontrées pour ne plus obtenir trop de chiens à robes au blanc dominant.¬
Le Dr Sourceau parlant ensuite des pathologies de la robe du Colley et du Shetland rattachant aux chiens peu pigmen¬tés (englobant le fauve clair) une affection (collienose) due à un phénomène de photosensibilisation, créant une allergie de la peau. Cette affection apparaît après exposition au soleil d'été. Elle se manifeste sur la truffe et se traite avec une pommade cicatrisante, en gardant le chien à l'abri du soleil.

Génétiquement, la série qui régit l'apparition de panachure est appelée "S". Elle présente plusieurs allèles (synonyme : variantes). Dans l'ordre de dominan¬ce:
- S+, donnant l'hypothétique robe NOIR et FEU (pas de blanc exprimé)
- Si, panachure standard que nous connaissons (en principe à l'état homozygote)
- Sp, robe pie (noir = blanc)
- Sw, robe envahie de blanc
Mais ajouté au fait que l'homozygotie n'est pas toujours certaine, la dominance est souvent incomplète et peut être soumise à l'action de polygènes modificateurs, minorants ou majorants.
Plus clairement, cela signifie que la panachure que nous voyons (phénotype) n'est pas forcément correspondante au potentiel génétique réel (génotype) du chien examiné. Un chien peut apparaître tout à fait standard (Si,Si) et peut être porteur de l'allèle Sp, voire Sw. Le Professeur DENIS dit à ce sujet, dans le fascicule sur les couleurs de robe de la S.C.C :
"Tous ces allèles entretiennent entre eux, mais de manière inconstante des relations de dominance incomplète, ainsi des individus (S+,Sp) peuvent exprimer le phénotype (Si,Si). Ils subissent par ailleurs de manière très importante l'action des gènes modificateurs qui font que les bornes de chaque classe se confondent avec celles des classes voisines".
On comprend donc qu'un individu panaché hétérozygote avec une demi gène "pas de panachure" et l'autre demi gène "robe pie" peut sembler tout à fait standard et surprendre son propriétaire lors d'un accouplement, surtout si le congénère est dans le même cas. On peut imaginer que l'un est noir tricolore, issu de fauve et l'autre bleu-merle... Il ne faudra donc pas en vouloir à un Shetland qui, sans qu'on puisse le prévoir, fera un jour des chiots qui exprimeront une livrée trop blanche, au simple fait que la Fée Génétique aura déposé dans leur berceau une combinaison inattendue mais venue du fond des temps. Il faudra encore moins en vouloir à son propriétaire, souvent le premier surpris.
La question concernant le degré idéal de panachure à tolérer revient de façon récurrente à nos réunions de comité. Des propositions argumentées ont même été faites d'être tantôt plus tolérants, tantôt moins... Le débat est souvent plus aigu quand on nous informe d'un problème particulier s'y rattachant. Le constat est que nos décisions actuelles sont médianes et favorisent la diver¬sité génétique. Si un mariage de deux chiens confirmés a donné un résultat inattendu, ne le refaites pas, c'est la première des mesu¬res de précaution à prendre.


LE BLANC ET LE GENE MERLE: tolérance plus grande pour les merle

Les problèmes déjà évoqués (microphtalmie, surdité, cécité, malformations...) sur les chiens exprimant le gène merle¬ double sont souvent liés à l'apparition de blanc en grande quantité. Le gène merle, bien que génétiquement différent de celui de pan¬achure est un gène qui dilue le pigment, en admettant que la dilution maximale est la disparition du pigment, il faut alors admettre que chez un sujet merle, il est impossible de savoir si le blanc dans la robe, est le fait de l'envahissement de la panachure ou celui d'une dilution totale par le gène merle, d'une quelconque teinte peu "solide". C'est pourquoi le SCF a décidé de tolérer pour la confirma¬tion, chez les sujets merle uniquement, un envahissement modéré par le blanc.

Pour donner une plus belle robe merle, le blanc et le merle sont liés. Le terme "bleu merle" ne fut longtemps attri¬bué que pour un sujet à la robe argentée, les autres, au coloris moins flatteur, n'avaient droit qu'à un simple et réducteur "merle". Mais, s'il est vrai que cette belle robe recherchée impose une présence de blanc, il faut le maîtriser. Que nos éleveurs restent pru¬dents car si on observe que les chiens à problème ne sont pas toujours les plus "blancs", le facteur blanc n'étant pas en cause, il risque, néanmoins d'en faciliter l'apparition.

 

 

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Dernière mise à jour de cette page le 01/11/2008

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