L'oeil bleu chez les non- merle

L'oeil bleu chez les non-merle

On sait que peut exister exceptionnellement, de l'œil bleu chez des non merle, mais l'explication consistant à dire que ce sont des sables merle (ou des merles "cachés ") est elle suffisante? Un article paru dans le " Colley revue de mars 1985 " traitant d'un œil bleu transmis de façon récessive" sans lien aucun avec la présence de merle semble toujours d'actualité.

Dans d'autres races (Border Collie, Berger Australien, Husky...) on sait bien que le phénomène s'exprime et que la présence de bleu dans l'œil est indépendante de la transmission de la couleur de la robe.

Chez le Shetland, la chose est d'autant plus rare que le standard ne le permet pas. On y lit: "Yeux marron foncés pour toute robe sauf chez les merle ou un ou les deux yeux peuvent être bleu ou moucheté de bleu... "
L'œil bleu en dehors d'une expression, même minime, de merle dans la robe est un défaut grave. Défaut repris d'ailleurs comme à proscrire par nos points de non confIrmations.
On aura compris que pour la reproduction comme pour l'exposition, ces animaux ne sont pas intéressants. Il faut donc souhaiter que la rareté de ce phénomène ne donne pas l'envie à certains de chercher à en obtenir un de façon volontaire et calculée! C'est déjà suffisamment fâcheux quand, issu d'un accouplement raisonné, on découvre sur un des chiots la présence de ces yeux bleus non recherchés. Rappelons également que l'euthanasie non thérapeutique ou la vente" sans-papiers" sont interdits.

Bien que le sujet ne soit pas celui traité, on peut rappeler également pourquoi le standard du Shetland est si intransigeant sur ce point. La principale raison est certainement d'éviter la propagation éventuelle du gène merle chez les sujets fauve, confondu aisément avec du charbonné, le but étant d'éviter de reproduire ensuite un sujet porteur du gène merle caché pouvant amener un chiot à récupérer chez ses deux parents un gène merle inattendu. Il s'exprimerait alors, hélas à l'état double. Tous les éleveurs de Shetland savent les risques inhérents à ce cas de figure : un chiot double merle présentera des déficiences quasi certaines du système sensoriel.

L'autre bonne raison, face à une transmission d'œil bleu fortement récessive, donc rare et qui plus est non désirée est son élimination radicale en n'autorisant pas les sujets affectés à reproduire.

Chez le Husky, par exemple, deux chiens aux yeux marron peuvent donner des chiots aux yeux bleus. L'œil bleu du non merle est clair, comme transparent et sans éclaboussure.

Le mâle Shetland tricolore BLINX OF CLERWOOD, né en 1927 (par ELTHAM PARK EVOLUTION -issu d'un croisement Colley/Sheltie- et CHESNUT BLOSSOM) avait un œil bleu. Beaucoup d'éleveurs, Anglais comme Américains croient ce chien à l'origine de cette transmission épisodique chez les tricolores et les fauves.
A cette époque, il arrivait et souvent dans la discrétion la plus totale, que certains croisements Collie/Sheltie soient tentés par les éleveurs. BLINX gagnant même un CC, ses fils CH. EUAN OF CLERWOOD (sable acajou) et HARVEY (fauve) ainsi que d'autres enfants de CHESTNUT BLOSSOM, transmettant d'autres qualités, furent utilisés sans prendre garde que les gènes transmettant cet œil bleu seraient transmis également. Beaucoup de Shelties très connus, et encore de nos jours, sont leurs descendants directs ou indirects. Il suffit de remonter les pedigrees des ENGLISH SHETLAND SHEEPDOG CLUBS pour vérifier que la majeure partie du cheptel possède du sang de cette lignée.

Maxwell Riddle, dans son livre THE NEW SHETLAND SHEEPDOG, détaille bien ce que l'on sait de la couleur des yeux de nos Shetland. Des pigments (mélanines) et la lumière sont responsables de la couleur des yeux. Disons plutôt : couleur de l'IRIS car la pupille est noire chez la plupart des chiens. La partie colorée de l'iris est une fine membrane. Derrière celle-ci se trouvent normalement des dépôts de pigment noir ou marron. Quand l'œil apparaît marron, c'est qu'il y a en plus une couche de pigment à la surface de l'iris. Ce pigment réfléchit alors les rayons marron et noirs du spectre lumineux et absorbe tous les autres. Si le pigment est seulement présent derrière l'iris, l'œil apparaît comme bleu. La lumière blanche se trouve diffractée en rencontrant ces particules de pigment mais les autres couleurs du spectre lumineux se perdent et seuls les rayons dans la gamme des bleus sont alors polarisés et réfléchis vers l'observateur.

Comment se transmet la couleur bleue de l'œil? Le gène merle est-il le seul responsable? La littérature est nombreuse mais contradictoire. Certains avis de base reviennent malgré tout avec une heureuse évidence. Le gène merle n'est pas le seul responsable de la transmission d'œil bleu puisqu'il existe des races où l'œil peut être bleu sans que ne se soit jamais exprimé le moindre gène merle.

Le gène merle est à transmission dominante, ce qui implique au moins deux certitudes:
- il faut au moins que l'un des deux géniteurs soit merle
- si le sujet issu est porteur à son tour il VA l'exprimer (même si c'est de façon discrète)

Si l'œil bleu est dû au merle, il sera alors du fait du phénomène de DILUTION du pigment tant pour la robe que pour les pigments de l'œil. L'œil sera (seul ou les deux) en partie bleu, ou moucheté de bleu ou vairon (marron et bleu) sans qu'il soit possible de prévoir le degré d'influence du gène sur la robe comme sur l'œil. Et contrairement à certaines idées reçues, il n'y a pas de merle "fort" ou "faible", autrement que dans l'expression du merle, le potentiel de transmission restant, lui, totalement intact quelque soit la façon dont le gène s'exprime sur le chien. Si un éleveur remarque que tel mariage donne plus ou moins de satisfaction sur la qualité ou la quantité du merle transmis, il ne s'agit que de phénomènes de majoration ou de minoration propre à l'expression très aléatoire du gène merle sur les autres couleurs.

L'œil bleu du non merle est lui, par contre, transmis de façon POLYGENIQUE. Il va donc pouvoir se TRANSMETTRE SANS pour autant S'EXPRIMER et n'apparaîtra qu'en présence de PLUS D'UNE SEULE PAIRE DE GENES RECESSIFS HOMOZYGOTES.

Aa et Bb représentant les gènes supposés responsables de la couleur des yeux
Majuscule pour les yeux marron dominants
Minuscule pour les yeux bleus récessifs
Il existe alors 9 combinaisons génétiques possibles dans le cas où les deux parents sont hétérozygotes pour les deux paires de gènes (parents seulement porteurs)
On voit que la probabilité est de 1 sur 16 chiots qui va exprimer l'œil bleu (aabb) et 1 sur 16 qui n'est plus du tout transmetteur (AABB).

C'est la mise en évidence que la probabilité de sortir un œil bleu, comme celle de " nettoyer" complètement un chiot est petite, même en utilisant deux parents simplement porteurs. Nous voyons bien ici la cause du problème: les porteurs seront, à cause de cette récessivité, difficilement identifiables tant que la "chose" ne se sera pas exprimée... Toutes les autres théories avancées pour essayer de prévoir le phénomène se sont révélées nulles et non avenues. La seule certitude est que si un chiot exprime un œil bleu et n'a pas de parent merle, on aura affaire à cette transmission récessive avec les deux parents porteurs. Seule remarque personnelle de l'auteur de l'article qui a servi de base et de support à ce texte: il lui semble que les chiots avec un œil bleu récessif exprimaient en même temps une liste blanche marquée en tête.( ??)

Le merle est lui toujours identifiable et l'examen du poil au microscope fera toujours la différence, qu'il s'agisse d'un tricolore peu marqué de merle ou d'un fauve merle. Ce dernier sera plus facilement reconnaissable à la naissance car son corps semble dans les premières heures comme marbré par le merle. Par la suite, ces marbrures ou l'argenté du poil disparaîtront sous l'intensité des autres couleurs, allant parfois jusqu'à se confondre avec elles ou passer pour du charbonné.

En résumé, cet œil bleu récessif, d'expression rare mais bien présent dans la race, quasiment impossible à éradiquer à cause de sa transmission polygénique et récessive oblige à " faire avec".
Même si on excluait tous les porteurs connus, on ne serait pas sûrs du résultat. Il faut donc être vigilants, s'informer, informer à son tour, rassembler des données sur le sujet dans notre cheptel et, comme toujours en élevage canin, tout en faisant jouer le fameux principe de précaution, bien réfléchir au fait qu'un accouplement doit se décider sur l'ensemble des qualités et défauts observés ou connus sur les géniteurs utilisés, en sachant parfois gommer, grâce au standard, ces quelques incidents génétiques quand le mariage en question donne globalement satisfaction.

Travail réalisé à partir de SHELTIE NEWS (revue allemande) en collaboration. Traduction et commentaires de Karine DUPUY et Philippe DUCHESNE pour le Shetland Club de France. Avril 2003.

 

 

Sous-pages
Dernière mise à jour de cette page le 01/11/2008

Créer un site internet gratuit avec E-monsite.com - Signaler un contenu illicite - Voir d'autres sites dans la catégorie Animaux
Videos Droles - Clips musique - Cours création de site web